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Je vous aime !

une petite nouvelle (il y avait longtemps) qui figurera dans mon prochain recueil de nouvelles neuves. un amuse bouche pour vous mettre en salive !

Jean, cadre qui dégénère, à quarante ans avait un cœur de Pierre. Et bizarrement pas grand-chose dans le caillou. Un beau matin de dégel, par fait d’hiver, ce roc peu palpitant se fendit sans une larme.
Il fut miraculeusement sauvé par une greffe sur le tas, tambour battant. Coeur raccord, corps accort, voilà qu’on lui attribue un cœur d’or ! Paradoxe, bien qu’on enferme sa nouvelle pompe dans la buffet, il se retrouve avec le cœur sur la main !
Lui qui si souvent par le passé s’est conduit comme un porc, le voici par lard et la manière Jean bon… Une gentille liesse qu’il ne maîtrise plus, la cervelle asservie par l’axe de cœur.
Et dès le petit déjeuner matinal, cela commence avec son épouse de vache ; Sylvie-Marie-Sophie :
--- Je t’aime chérie ! Triomphe l’époux pou.
--- Mouais…Hein ?...Ah bon…Lui répond le cul du bol de café en vidange dans le gosier de sa dulcinée de quartier.
--- Oui ! Je t’aime ! Martèle le Jean mari.
--- …Dans un sens, ça tombe bien ! Peux-tu me laisser 500 euros ? J’ai vu une robe à mourir en vitrine chez « H Elle M » Quand tu me découvriras dedans, tu m’aimeras encore plus fort !
Quinze minutes plus tard, Jean capture ses deux enfants à la sortie du plumard. Sa bise se brise sur le front juvénile de Anna Lise et de Ange Oliver ;
--- Je vous aime, mes petits ! Ronronne le chef de tribu ;
--- Super ! Papa ! Alors tu peux augmenter notre argent de poche !
C’est donc délesté de deux cent euros supplémentaires que Jean ferme la porte d’entrée après être sorti, d’un battement de domicile. Bienvenue dans l’avenue ! A peine parvenu à son véhicule ; un break Prison, il tombe face à fesse avec une pervenche aux perverses hanches, qui un PV amarre, sur son pare brise glace. Malgré le désagrément, c’est plus fort que lui, irrépressible envie, il lance à la flic des flaques :
--- Je vous aime !
La revêche se penche, et grince aigre laide :
--- En plus on se paie ma tête ! Vous essayez de me séduire ? En plus du défaut de stationnement à l’arrêt, je vais vous coller une corruption active de fonctionnaire en fonctionnement ! Ca vous fera la modique somme de 350 euros ! Alors ! Toujours amoureux ?
Une demi heure plus tard, sans guère plus de heurts, notre Jean parvient à son travail. Dans les bureaux d’une société qui vend des bureaux pour garnir les bureaux de sociétés.
Au cours de la matinée pleine de grâce, il croise sa secrétaire au détour d’un tiroir. Aussitôt i lâche à son insu :
--- Nicole ! Je vous aime ! Sans même se mordre la langue.
L’adipeux chignon bat des paupiettes et glousse du gloss :
--- Oh ! Monsieur Jean ! Est-ce bien raisonnable ! Vous mendierez temps… Puisque vous me tendez votre perche, je la saisis pour en profiter, et vous faire part d’une roquette…Seriez-vous assez aimant pour concrétiser ma prime de 300 euros ? Merci par avance de celle-ci !
Puis dans le creux douillet de l’après midi qui s’étire nonchalamment, Jean entrecroise son Big Boss. Devant le gros BB, l’antienne para diabolique s’échappe immédiatement de sa fine bouche :
--- Patron, il faut que je vous dise ! Je vous aime !
--- Moi aussi moi non plus, mon petit Jean ! Vous tombez bien d’ailleurs ! Sachez que votre altruisme vous honore ! Je vous propose donc une prime de désintéressement que vous verserez à la société en remerciement de votre dévotion ! Ne me remerciez pas surtout, il est naturel de récompenser votre esprit non mercantile !
18 heures. La fin du jour se décline à l’ouest. C’est l’heure de la paix, avec l’apport du salaire les employés hampe ployée pendant la journée, se redressent debout autour du bar pour trinquer à l’amitié par verre en dévers. Mâle leurre, Jean est des leurs, place de l’apéro. C’est alors que d’une voix de stentor dans le café, il exprime à la cantonade qui rit :
--- Chers collègues ! Je vous aime !
--- Sans blagues, Jean ! Mais ça s’arrose ! Allez ! Tournée générale ! C’est Jeannot qui régale ! Et même qu’on va la boire pour te prouver que nous aussi on t’aime !
Plus avant dans la soirée, c’est un peu gris qu’il sourit dans la nuit, en sortant de l’estaminet pour chats de gouttière. Après quelques pas pour le piteux pataud dans le pâteux pâté de maison, une voix éraillée déchire l’obscurité et l’interpelle mêle :
--- Eh ! Mon prince monseigneur ! T’aurais pas cent balles ?
C’est un clochard imbibé qui retranché dans ses cartons, l’attire , hèle. La répartie toute seule fuse, diffuse et confuse :
--- Je t’aime, mon brave mai !
--- C’est pô possible ! Ben alors sa gracieuse majesté ira bien jusqu’à 500 balles ! Hein ! Et pis chez bibi, c’est sans TVA !
Trois artères plus loin, rue de la Joie sans Bonheur, il déambule parmi les fleurs de bitume qui pointent du talon aiguille le mac à dames.
--- Alors chéri, on cherche l’amour ? Tu montes ?
Comme de coutume sans qu’il ne s’en lave l’humain, la réponse pila :
--- Je vous aime, les filles !
--- Avec plaisir, beau brin de blond ! C’est cinquante la pipe du nœud pape, et deux cent pour la totale en secousse secousse royale ! Harangue la morue.
--- Désolé ! Je n’ai pas le temps, je suis en retard, treize en retard ! Balbutie le busard de bal.
--- C’est pas grave mon lapin, lâche 50, ce sera une avance sur mes arrières ! Gouaille calice au pays des vermeils, et rapine celle qui tapine en bourg.
C’est donc vers 21 heures que Jean valsant, parvient enfin jusqu’à son immeuble résidentiel.
Dans l’escalier montant, il fait soudain face à la concierge qui le descend impunément :
--- Monsieur Jean ! Vous si tard ! Pince les cordes de la vièle.
Pour seule défense pour faire front à l’atrabilaire diatribe, il jette cette :
--- Madame Macha Coulis ! Quel bon vent pire ! Je vous aime aussi, vous savez !
--- Vous êtes trop bon en coulisse ! puisque vous êtes de si charmante tumeur, je me permet de vous rappeler mes étrennes, savate… Tartine la mielleuse fielleuse.
--- Oups ! Vous avez raison ! Crute de Zot ! Je n’ai pas de monnaie, juste un billet de 200 euros… Plaide l’homme sans couverture.
--- Vous êtes tout pardonné monsieur Jean ! Ca ira bien pour ce soir, vous me donnerez le solde demain malin !
D’une main baladeuse et courante, la mégère rafle le billet doux, devant la mine de l’ex radin médusé.
Ce n’est qu’après cet ultime ponction intégrale et dérivée, que Jean peut regagner le domicile conjugal après avoir tant perdu, délesté au passage pas sage de quelques 2600 euros !
Bien malgré lui, il fredonne cet air vicié :
« Aimer, c’est ce qu’il y a de plus beau
Aimer, c’est plus fort que toi… »
Même s’il a mal au cœur, il n’a pas cœur à blâmer son bon cœur.
Pourtant dans un petit recoin coin de sa tête, une autre petite phrase lunaire tourne en boucle :
« Si l’amour ne s’achète pas
En tous cas, il se vend bien !
C’est toujours un acte gratuit
Qui souvent en retour se paie cher ! »

Références
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Discussions
3 avis pour “Je vous aime !”
  1. "mon prochain recueil de nouvelles neuves" Ah il est en route Sourire

    Et ton polar, où en es tu ?

    Par Tekiro | vendredi 3 mai, 13:14
  2. Au fait, je m'aime aussi Sourire  Rigole

    Par Tekiro | vendredi 3 mai, 15:38
  3. tout le monde t'aime !
    Bisous
    en fait, les nouvelles je les écrit au fil de ma folie
    le polar sera d'un seul jet, pendant ou après les grandes ouacances
    et prêt à sortir pour décembre !
    fete
    mais il faut que je stabilise ma situation côté "soupe" ! Peur

    Par SentisMental | vendredi 3 mai, 18:21
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