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Le retour des histoires courtes

pour célébrer ce retour, une courte nouvelle que j'ai remixé pur toi lecrice électeur ! Un histoire de clés mutines, bienvenue dans mon monde parallèle...

Les clés.

C’était un de ces lendemains de salle des fêtes ou la mine anti-personnelle affiche en tête une sale défaite. Un de ces matins ou même la grise bouillie d’un soleil voilé en voie de disparition blesse les yeux pisseux d’un trop plein de luminosité pleine d’animosité. Bref, parmi les copaux et la sciure des excès de la veille ; c’est la gueule de bois sur le billot.
Alors, dans un accès d’orgueil déplacé à l’occasion, ressurgissent du néant clignotant des néons des idées courtes, les bonnes résolutions prises entre douze coupes de champagne entre les deux coups de minuit un soir de réveillon lorsque l’assassin du foie habite au 31.
« Si j’abuse lorsque je m’amuse, pénitence de je ferai dans le sport et l’exercice ». S’il est bien une personne a qui il est difficile de mentir, c’est bien soi-même, vu la cohabitation intensive que l’on subit avec son moi, après mois s’il en reste.
C’est ainsi que je me retrouve en short et veste de jogging en cette matinée de janvier glacé, sur la piste d’athlétisme du stade voisin. Pour s’automutiler et se faire souffrir raisonnablement, rien ne vaut un anneau de 400 mètres, une moelleuse piste synthétique qui accueille chaque foulée avec bienveillance alors qu’on la détrempe d’adipeuses gouttes de sueur comme autant d’huile jetée sur le vœu.
Démarrer un footing lorsque l’on s’attend à vivre l’enfer, c’est comme se jeter dans le vide un élastique à la cheville ; il ne faut ni réfléchir ni attendre. C’est pourquoi j’amorce le premier tour des vingt que je me suis promis en pénitence ; soit la modique somme de huit kilomètres incompressible sans remise de peine possible. Alors que, une fois le pas sauté il se fait pesant et raide de la cheville ouvrière, le souffle coure après l’oxygène qui irrémédiablement s’enfuit plus vite qu’il ne rentre dans les poumons en feu. Rapidement j’imite remarquablement les anciennes locomotives à vapeur en crachant ma douleur dans un vacarme assourdissant qui résonne dans l’enceinte vide. Heureusement. Car ma performance n’est pas à l’empan de l’effort fourni. Peu importe car après tout je ne suis pas là pour battre un record accort mais pour expier mes fautes festives.
Malgré toux, tant j’expectore à travers, je passe les dix tours de piste. C’est déjà une victoire. Du coup le rythme pris, la foulée se fait plus légère, la respiration s’espace et laisse place à une forme de bien-être euphorisant. Ca va le faire ! Le plus dur est derrière moi. Déjà plus que cinq tours à couvrir. Malgré le froid vif qui pince la chair et la bleuit, je suis trempé, en eau. L’organisme est curieux instrument, qui consomme de l’alcool pour en rejeter de l’eau…Imbuvable au demeurant !
Triomphant dans cette course contre mon ombre, je m’engouffre dans le dernier tour, ne lâchant pas la corde à l’intérieur de la piste. Légèrement chaos, je crois même entendre la cloche sonner dans ma tête. Encore deux cent mètres, et ce sera le chaud de la maison, une bonne douche et un déjeuner réparateur, après l’effort ; le réconfort ! D’un geste machinal ma main cherche la présence rassurante des clés du domicile dans la poche du jogging.
Mais rien.
Pas de clés. Plus de clés.
L’autre poche ne donne pas meilleur résultat. Aucun doute possible, alors que je franchis la ligne d’arrivée essoufflé, je dois me rendre à l’évidence…J’ai perdu mes clés en route, pendant mon périple de huit kilomètres. Après avoir proféré quelques mots crus bien que je sois totalement cuit, malgré la fatigue qui me tombe dessus en même temps son cousin le découragement, il me faut inéluctablement rebrousser le chemin des vingt tours afin de retrouver le précieux sésame de mon nid douillé. Andouille ! Je me maudis en reprenant la piste à l’envers de ma course précédente. Et lentement le compte des tours décroît. 19, 15, 12…9. C’est pas vrai ! Pas possible ! Mais c’est toujours comme ça. Je pressens que qu’elles vont être tombées lors du premier tour. Juste histoire de me faire marcher.
Bingo ! Alors que j’amorce l’avant dernier virage, j’aperçois à la sortie de la courbe, leur présence scintillante en étoile sur l’enrobé du couloir d’athlétisme. Pile poil dans le premier tour de mon périple.

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1 avis pour “Le retour des histoires courtes”
  1. ola

    Par Tekiro | mardi 4 février, 18:27
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